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Déclaration sur l’usage de l’intelligence artificielle

« Je n’ai pas écrit ce livre malgré l’IA. Je l’ai écrit avec elle. » Ma position assumée.

Ce livre a été écrit avec l’aide de l’intelligence artificielle.

Mais aussi avec l’insupportable Microsoft Word et son correcteur orthographique, l’épatant Google Sheets et sa gestion tabulaire, les merveilleux procédés de copier-coller et de couper-coller, les moteurs de recherche, Wikipédia, le CNRTL, la Vitrine linguistique de l’OQLF, des sites web spécialisés comme ceux d’IBM, d’Oracle ou d’Amazon Web Services, plusieurs centaines de requêtes Google, au moins autant de lectures et d’interactions sur LinkedIn, sans compter les discussions incessantes avec mon ami Éric Kavanagh ou les stimulations provocantes de mon camarade Marcello Vitali-Rosati, qui a accepté d’être le relecteur critique de cet ouvrage et dont les remarques ont permis de nombreuses améliorations.

Autrement dit, ce livre a été écrit comme s’écrivent aujourd’hui la plupart des textes sérieux : au moyen d’un écosystème d’outils, de documents, de logiciels, de sources, de conversations et de médiations diverses.

ChatGPT et Claude ont été utilisés à de nombreuses étapes : pour explorer des pistes, proposer des termes, discuter des définitions, tester des formulations, critiquer certains passages, suggérer des améliorations, repérer des ambiguïtés, reformuler des phrases, appliquer des corrections systématiques, préparer le manuscrit final, etc. Mais ces systèmes n’ont été qu’un support, et n’ont jamais exercé de jugement d’auteur sur le contenu du livre, sa structure, son approche, ses choix conceptuels, ses formulations finales. Ces décisions relèvent de l’auteur. Leurs propositions ont été systématiquement évaluées, vérifiées, acceptées, modifiées ou rejetées.

Je n’ai pas écrit ce livre malgré l’IA. Je l’ai écrit avec elle.

Et, pour être honnête, j’ignore si cela m’a finalement pris plus ou moins de temps que sans recours à l’IA, tant j’ai fait des allers-retours par centaines entre mes pensées, outils, documents, sources, conversations avec l’IA, conversations avec des collègues, interactions en ligne, prises de notes et autres inspirations en prenant ma douche… Aucun prompt n’aurait pu générer ce livre.

Comme toute technologie intellectuelle avant elle — de la tablette d’argile au livre imprimé, du traitement de texte au moteur de recherche — l’IA est devenue un instrument de travail parmi d’autres, du moins pour celles et ceux qui ne veulent pas abandonner leur capacité de penser et ont compris qu’il n’y a pas de magie du prompt.

L’IA ne fait pas disparaître le travail d’écrire : elle insère une nouvelle couche de labeur, plus rapide et plus efficiente par certains aspects mais non moins intellectuellement exigeante et laborieuse, que ce soit dans les processus d’idéation, de structuration, de recherche documentaire, de mise en mots, de reformulation, de correction, de relecture, et ce, sans jamais prendre la place de l’auteur, pour, finalement, nous stimuler et nous pousser à un niveau d’exigence encore plus élevé.

Si certaines pages de ce livre vous semblent éclairantes, le mérite revient à la qualité du travail intellectuel réalisé. Si elles vous semblent contestables ou inexactes, la responsabilité m’en incombe également.

L’intelligence artificielle peut assister l’écriture. Elle ne dispense jamais de penser.

Pour citer ce texte

Vial, S. (2026). Déclaration sur l’usage de l’intelligence artificielle. Dans Petit lexique vivant de l’intelligence artificielle (p. 129–130). Stéphane Vial, éditeur, Montréal.

Couverture du livre : sur fond safran, le titre « Petit lexique vivant de l’intelligence artificielle » en bleu profond, et le nom de Stéphane Vial